Acupuncture et perte de poids : quelle place dans une démarche d'amincissement ?
Acupuncture et perte de poids à Genève : Thomas Morillon associe acupuncture, diététique chinoise et pharmacopée dans un suivi individualisé.
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L’acupuncture peut-elle aider à perdre du poids ?
Dans ma pratique, la perte de poids ne repose pas sur l’acupuncture seule. Je l’intègre dans une prise en charge plus globale issue de la médecine traditionnelle chinoise, associant acupuncture, conseils alimentaires adaptés et, lorsque la situation le justifie, pharmacopée chinoise.
L’objectif n’est pas d’appliquer un protocole identique à tout le monde. Une personne présentant des fringales et mangeant davantage sous l’effet du stress ne présente pas nécessairement le même tableau qu’une personne fatiguée, avec une digestion lente, des ballonnements ou une sensation de lourdeur.
Le bilan initial sert précisément à différencier ces situations et à adapter l’accompagnement.
L’acupuncture seule ne résume pas mon approche
Réduire cet accompagnement à quelques « points pour maigrir » donnerait une vision très incomplète de ma pratique.
L’acupuncture est l’un des outils que j’utilise, mais elle s’inscrit dans une stratégie plus large, qui peut également prendre en compte l’alimentation, les habitudes quotidiennes, la digestion, l’appétit et la satiété, les fringales, le sommeil, le stress, l’activité physique, ainsi que la pharmacopée chinoise lorsqu’elle est pertinente.
Ma méthode pour accompagner la perte de poids
J’associe généralement plusieurs outils de la médecine traditionnelle chinoise, choisis et ajustés en fonction du bilan de chaque personne.
1. Un bilan individualisé
Le poids n’est pas le seul élément que je prends en compte. Selon la situation, je m’intéresse notamment à l’histoire de la prise de poids et à son évolution, à l’appétit, à la satiété, aux fringales, au grignotage, à l’attirance pour certains aliments, à la digestion, aux ballonnements, au transit, à la fatigue, au sommeil, au stress, à l’activité physique, au contexte de vie, ainsi qu’aux traitements et antécédents pertinents.
L’observation de la langue et la prise des pouls peuvent compléter ce bilan, dans le cadre de la différenciation des syndromes propre à la médecine traditionnelle chinoise.
2. L’acupuncture
L’acupuncture constitue une partie importante de la stratégie. Les points sont choisis en fonction du bilan réalisé : ils ne sont donc pas nécessairement identiques d’une personne à l’autre.
Je m’attache à individualiser chaque séance selon le tableau identifié en médecine traditionnelle chinoise, plutôt qu’à appliquer un protocole standard. Vous trouverez une présentation plus complète de cette pratique sur la page acupuncture.
3. Une approche alimentaire issue de la MTC
La diététique constitue un véritable pilier de mon accompagnement de la perte de poids. Je ne me contente donc pas d’associer quelques conseils alimentaires aux séances d’acupuncture : j’utilise une stratégie alimentaire structurée, que j’adapte ensuite à la situation de la personne.
Cette stratégie repose notamment sur plusieurs grands principes :
- une place importante accordée aux légumes ;
- un apport en protéines, notamment pour la satiété et le maintien de la masse musculaire ;
- une portion de fruit conservée dans l’alimentation ;
- la suppression, pendant cette phase de l’accompagnement, des principales sources concentrées de glucides et des féculents ;
- l’exclusion des produits laitiers dans cette stratégie.
Dans le cadre théorique de la médecine traditionnelle chinoise, je mets également certains de ces choix alimentaires — en particulier la réduction des glucides et l’exclusion des produits laitiers — en relation avec les notions d’Humidité (湿, shī) et de Glaires (痰, tán), lorsque ces notions sont pertinentes dans le tableau de la personne. Il s’agit ici de concepts propres à la MTC, et non d’une description biomédicale de l’action de ces aliments.
L’objectif n’est pas de reposer uniquement sur des exclusions. Dans cette méthode, les légumes constituent la base végétale principale de l’alimentation et ne sont généralement pas l’élément sur lequel porte la restriction ; l’apport protéique, quant à lui, participe notamment à la satiété et au maintien de la masse musculaire pendant la perte de poids. L’objectif est ainsi de conserver une alimentation rassasiante.
Ces principes décrivent les grandes lignes de l’approche que j’utilise ; leur application et leur adaptation se font dans le cadre du suivi individuel. Vous pouvez également découvrir les principes généraux de la diététique chinoise.
4. La pharmacopée chinoise lorsque cela est pertinent
Selon le bilan, la pharmacopée chinoise peut compléter l’acupuncture et la diététique. Il ne s’agit jamais de « plantes amaigrissantes » : une formule, lorsqu’elle est envisagée, est individualisée selon le tableau identifié, et tient compte des traitements en cours, des antécédents et des contre-indications éventuelles. Plus d’informations sur cette pratique sont disponibles sur la page pharmacopée chinoise.
Toutes les prises de poids ne se ressemblent pas en médecine chinoise
C’est ce qui explique pourquoi mon approche reste individualisée. Voici quelques exemples de tableaux théoriques traditionnels, volontairement simplifiés.
Vide de Qi de la Rate (脾气虚, pí qì xū)
Ce tableau traditionnel peut notamment être associé à un ensemble de signes tels qu’une fatigue, une digestion difficile, des ballonnements, des selles molles, une sensation de lourdeur, ou une fatigue après les repas. Présenter l’un de ces signes ne signifie pas pour autant correspondre à ce tableau : c’est leur combinaison qui oriente la lecture.
Humidité (湿, shī) et Glaires (痰, tán)
Ces notions appartiennent au vocabulaire théorique de la médecine traditionnelle chinoise et ne correspondent pas directement à leur sens biomédical courant. Dans le cadre du bilan, elles peuvent notamment être évoquées devant certaines associations de signes comme une sensation de lourdeur, des ballonnements, une digestion lente ou certains aspects de la langue et de son enduit. Là encore, aucun de ces signes pris isolément ne suffit à définir un tableau.
Contrainte du Qi du Foie (肝气郁结, gān qì yù jié)
Cette notion permet notamment d’expliquer pourquoi le contexte émotionnel, le stress, les fringales ou certaines variations de l’appétit peuvent faire partie du bilan. Le « Foie », au sens de la médecine chinoise, n’est cependant jamais présenté comme seul responsable d’une prise de poids.
Et d’autres tableaux
Ces exemples sont volontairement simplifiés et ne sont pas exhaustifs. C’est la combinaison des signes observés chez chaque personne qui oriente le raisonnement, non un tableau isolé.
Fringales et alimentation émotionnelle
Je distingue, dans le bilan, la faim physiologique de l’envie de manger, des fringales, du grignotage, de l’attirance pour le sucre, ou de l’alimentation en réponse au stress ou aux émotions.
L’objectif n’est pas de supprimer artificiellement la faim, qui est un signal physiologique normal.
Comprendre le comportement alimentaire de chaque personne fait ainsi partie intégrante de l’accompagnement, au même titre que les autres éléments du bilan.
La digestion fait partie du bilan
Je m’intéresse notamment aux ballonnements, au transit, à la sensation de lourdeur, à l’appétit, aux réactions après les repas et au rythme alimentaire.
Ces observations sont mises en relation, selon les principes théoriques de la médecine traditionnelle chinoise, avec l’ensemble du tableau de la personne — sans être présentées comme des faits biomédicaux établis.
Le suivi : adapter plutôt qu’appliquer un protocole fixe
L’accompagnement ne consiste pas à établir un bilan une fois, puis à reproduire indéfiniment le même traitement.
Selon l’évolution de la personne et les informations recueillies au fil du suivi, j’adapte la stratégie : le choix des points, les conseils alimentaires et, le cas échéant, la formule de pharmacopée peuvent évoluer.
Dans quelles situations un avis médical est-il important ?
Une prise de poids peut parfois être associée à des facteurs médicaux, hormonaux, médicamenteux ou autres, qui nécessitent une évaluation médicale. Cette approche de médecine traditionnelle chinoise s’inscrit en complément d’un suivi médical, et non à sa place.
Une prise ou une perte de poids importante, rapide ou inexpliquée nécessite un avis médical.
Une approche globale et individualisée
La perte de poids est un domaine que j’accompagne régulièrement dans ma pratique. Réduire cet accompagnement à l’acupuncture seule donnerait une image incomplète de ma méthode : selon le bilan, j’associe acupuncture, approche alimentaire issue de la médecine traditionnelle chinoise et, lorsque cela est pertinent, pharmacopée chinoise, dans une stratégie individualisée que j’adapte au fil du suivi.
J’ai développé, au fil de ma pratique, une expérience particulière dans l’accompagnement de la perte de poids en médecine traditionnelle chinoise. Mon objectif est de construire avec chaque personne une stratégie cohérente avec son bilan, puis de l’adapter progressivement en fonction de son évolution.
Pour aller plus loin
À propos de l'auteur
Thomas Morillon
Praticien en médecine traditionnelle chinoise à Genève
Formé pendant cinq années à l'Université de médecine traditionnelle chinoise de Shanghai, Thomas Morillon pratique l'acupuncture, la pharmacopée chinoise, la diététique chinoise et le Qi Gong à Genève.
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